WTC (bis)

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Ground zero…une intention pour les américains qui s’embringuent sur un boulevard aventureux depuis le 9 11…sur les bordures des positions des deux tours sont ciselés les noms des victimes du 11 9, des visiteurs y ont semé des stars and stripes. Au fond, on discerne l’eau qui ruisselle constamment, comme une allusion à la trajectoire dramatique du collapsus des deux Twins…théâtre feutré inspirant une grande émotion teintée de sérénité, qui fait infléchir vers une vision de calme et de paix : est ce possible sans se trumper?

WTC

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Le site initial des twins est devenu un sanctuaire, deux emplacements dans lequel s’écoule de l’eau, et entouré des noms des victimes gravés…Beaucoup de monde, calme recueilli collectif, émotion palpable.

BRYANT PARK

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Bryant Park, un endroit qui m’a immédiatement transporté lors de mes deux séjours à New York, havre de calme relatif à taille humaine dans cette ville debout, lieu de pause convivial, sobre, site rare intemporel qui s’impose au souvenir dès le premier passage, on flaire vite qu’on y reviendra…charisme énigmatique curieusement partagé par d’autres personnes passées par là…

NEW YORK (Central Parc)

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Eh oui, il n’est pas impossible que tous ces toutous relèvent de la même maîtresse! peut-être est ce tout simplement une nounou canine promenant ses ouailles par un bel après midi printanier à Central Parc, bercé par le son mélancolique et doux de la harpe. Trésor d’imagination pour éviter d’emberlificoter les laisses dans un noeud gordien! Défi demandant presque autant de dextérité et de savoir faire que de jouer de la harpe….

NEW YORK (Greenwich village)

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Dans ce charmant quartier de Greenwich Village, non loin de Washington Square, ces façades zébrées d’escaliers de secours, typiques des clichés que l’on a en tête de New York. La silhouette de l’arbre répond en écho aux dessins métalliques trop parfaits et à leur ombres; tout se mélange, le métal, les arbres et leurs ombres respectives. l’œil se perd avant de retrouver ses repères et apprécier ensuite avec délices (peut-être) l’opposition entre le métallique et le végétal………………………….

NEW YORK (parking)

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En musardant dans New York (ici en lisière de little Italy), on trouve régulièrement ce genre d’endroit : je me suis longtemps demandé comment fonctionnaient ces parkings et j’ai imaginé souvent la frayeur du hipster réalisant que sa voiture est tout en haut : voir ce lien : cela rappelle certains petits garages ou le Meccano de l’enfance et c’est terriblement efficace pour gagner de la place et pour provoquer l’étonnement des non initiés…..en fait il suffit de suivre les flèches, de laisser son véhicule au valet, et de savoir se servir de sa carte de crédit : n’allez pas en voiture dans New York!

NEW YORK (Williamsburg)

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Un cliché d’ombres créées par la lumière passant à travers le métro aérien de NY : cela reste, pour moi, pour mes deux séjours, un souvenir intimement lié à cette ville. Probablement grâce aux films américains des années 50, mais aussi, plus récemment, aux films magnifiques de James Gray…..cela procure des situations très contrastées, très photographiques. Cette photo est aussi toute en rythmes, comme scandée par une musique visuelle (autant dans le sens vertical qu’horizontal) qui n’est pas sans me rappeler le jazz……….l’oeil se complaît à retrouver tous ces rythmes, et à en découvrir d’autres au fur et à mesure….(ombres, géométrie, personnages, fenêtres, moyens de transport etc….)

NEW YORK (statue de la liberté)

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« Regarder sous les jupes des filles » chante Alain Souchon……Une vue, voulue inédite (si cela est encore possible), en contre plongée, de la statue de la liberté, lieu mythique chargé de symboles et d’histoire……..s’opposent le grain du béton, les lignes  du piédestal de la statue et le drapé lisse ondulé de la robe majestueuse……ce cliché permet de situer l’endroit grâce au rappel discret mais très présent du diadème à sept pointes, de la torche (lumière) et de la tablette (droit ou loi). Ces trois éléments s’ordonnent sur une droite qui établit, avec la base, un angle ouvert vers la gauche. Cet encoignure encadre les courbes de la statue. Ici, une fois encore, cohabitent deux (ou plus ou d’autres, selon votre analyse) mondes, celui des plis et celui des lignes, le passage de l’un à l’autre vitalise cette photo et accroche le regard.

 

 

NEW YORK (Brooklyn)

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Dans les alentours du pont de Williamsburg, côté Brooklyn, de multiples voies de hangars, d’arrière-cours hétéroclites, ces portières de voitures ordonnées conformément au drapeau américain en situation improbable…..et puis, soudain, tout s’installe dans mon pré-cadrage visuel : les verticales, horizontales, répétitives, les textures et surfaces différentes, les fenêtres, les volets roulants, cette porte ouverte sur l’inconnu qui laisse circuler la lumière : un régal de détails foisonnants qui capte le regard : le patchwork est en place!! Le photographe disloque le réel, procède à une extraction sélective sur un instant : création d’une image par une double rupture (spatiale et temporelle). La magie de la photographie passe aussi par cela.

 

 

NEW YORK (Brooklyn)

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Dans le quartier de Williamsburg (Brooklyn) , très brigué actuellement du fait de sa proximité de Manhattan, il subsiste encore des lieux qui seront immanquablement réhabilités prochainement. Les tags, les fils électriques, les stationnements, les raccords de sol bizarrement accommodés,  fourmillent……..une atmosphère des films des années 50 plane encore………..même la calandre de la voiture est raccord! La composition, basée sur un Y inversé qui délimite trois zones différentes, dynamise l’image.

Un ami (merci Jean-Luc : voir liens à droite) m’a parlé d’une exposition passionnante à la MEP : « toute photographie fait énigme » de Michel Frizot.

En effet, une bonne photographie, à mon avis, a le dessein d’interroger le « regardeur », de le faire rester en suspens, sur des détails (ou  leur absence dans une photo très épurée) ou des contrastes ou autre effet visuel. Ensuite le regard cherche à aller en profondeur dans la question posée, dans l’énigme de la photographie sans aller jusqu’à la résoudre. En effet, il peut y avoir autant de questions, d’énigmes et de réponses que de « regardeurs ». Cette exposition et son sujet font écho à la phrase de Robert Frank que j’ai déjà citée dans un article sur Lipari.

NEW YORK

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Le pont (vers l’autre, vers l’autre année…….) de Brooklin, perspective vers Manhattan, admirée aussi par ce personnage, à la coiffure interlope, immobile, qui semblait en transe …………..Encore une personne de dos!  Ce pont constitue un des repères du voyageur à New York, sa silhouette caractéristique permet souvent de le situer et de se repérer dans le paysage urbain.

Vous l’aurez constaté : ma série sur New York ne montre étonnamment pas beaucoup de monde, elle donne à voir mon point de vue sur la ville sur une semaine en avril 2014. Cette mégalopole ne procure en effet que peu d’occasion de se sentir oppressé par la multitude, il y a bien souvent une façon de dénicher du calme, non loin du tumulte citadin.

A l’occasion de ce dernier post de 2014, je souhaite une bonne fin d’année à tous les visiteurs de passage et particulièrement à ceux qui laissent des commentaires écrits (ou oraux lors de rencontres) ……..avec le choix entre ces deux cartes qui se situent de chaque côté de l’Atlantique :

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Ci dessus, une vue de deux mégalithes de l’île de Sein nommés : ‘Les Causeurs’. Tout un programme dans notre monde sauvage! Vous trouverez l’original de ces deux photos sur le blog……………………….

 

 

 

NEW YORK (Central Park)

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Une deuxième vue de Central Park, cette fois ci en direction du sud vers les gratte-ciel qui avoisinent l’avenue central park South. Ici, le parfait aplomb architectural et la rigueur sévère du grillage s’opposent aux lignes spontanées des arbres, des ombres et à l’allure désinvolte du spectateur : à quoi cogite t-il?

Cette tension entre ces différents éléments donnent du rythme et, à mon avis, de l’attraction à cette image. Tension, attraction, opposition, contraste, résonance : toutes ces notions me semblent à la base de la construction photographique en noir et blanc.

J’ai trouvé cette citation qui me paraît être un objectif (photographique!) :« Je ne pensais pas qu’on pouvait prendre en photo des choses que les mots décriraient encore beaucoup moins bien, dans leur intégrale splendeur de visible. » Jack Kerouac    (en parlant des photos de Robert Frank)

Au delà de ce grand parc, New York fourmille de nombreux petits squares soigneusement entretenus et très accueillants. Je garde le souvenir de deux endroits débordant d’enchantements : Waschington square et Briant parc. Le genre de lieux où l’on goûte le besoin de repasser lors d’un deuxième séjour.

NEW YORK (Central Park)

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Central Park est un havre de calme et un océan de verdure (340ha) au milieu de cette magnifique ville qui émerge cependant toujours dans un plan lointain. Au printemps où le vert tendre est de rigueur dans la végétation, tout concoure au repos et à la flânerie. Ici, au fond le San Remo building où résidèrent Rita Hayworth, Dustin Hoffman, Diane Keaton et Paul Simon…..Non loin de là, le Dakota Building où fut assassiné John Lennon en fin 1980 : c’est le quartier Central Park West.

Toute la série de photos de New York date d’avril 2014. Cette ensemble de clichés émergent après une gestation de plusieurs mois qui permet de se détacher du côté affectif des circonstances de la prise de vue. Les choix photographiques se lient et se dénouent avec le temps, avant de s’ancrer.

J’avais l’impression, à la fin de ce séjour d’une petite semaine, que ma récolte n’était pas luxuriante. Avec six à huit mois de recul, la sensation est différente et les choix plus solides : des photos ont pu être écartées à première vue (ou l’inverse) et redécouvertes ensuite avec délice. Je m’aperçois que l’émotion de dénicher une photo oubliée est aussi forte que le frisson de sentir une bonne image à la prise de vue. Parfois un avis de tiers (photographe ou pas) est utile pour argumenter un choix ou pour discerner un détail singulier.

Il est incontestable que, sur une petite semaine, il est difficile de se retrouver avec une bonne série homogène, l’idéal est de revenir plusieurs fois, à des saisons différentes pour aboutir à un travail mûr. C’est le défi de la recherche photographique (esthétique ou reportage) sur un temps court de voyage où le hasard joue assurément un rôle décisif. Le temps compte beaucoup en photo, à l’instar de Robert Frank pour son ouvrage ‘Les Américains’, fruit d’un travail de deux ans (1955-1956) financé par une bourse : la démarche de cet immense photographe aboutit en 1958 à un ouvrage fondateur (initialement très critiqué), incontournable, à voir et à déguster pour tout gourmet de photographie.

 

NEW YORK (ferry pour Staten Island)

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Staten Island est un arrondissement de New York, au sud de Manhattan, accessible par ferry. Ce ferry procure une vue extraordinaire sur la skyline (panorama) de New York. C’est une liaison urbaine, à l’image d’une ligne de bus, fréquentée par 60 000 personnes par jour, qui offre en prime une vue sur Ellis Island et sa fameuse statue. L’astuce est de partir en fin de journée et de revenir entre chien et loup. Ce soir là, le soleil couchant illumine fièrement la tour qui se dresse maintenant de Ground Zéro pendant que le zig zag de la barrière répond aux sommets des gratte-ciel.

Les américains ont le don de conserver des objets publics anciens, surannés, même si les ferries se modernisent : comme cette grille-chaîne de protection qui s’articule comme un accordéon, et les binoculars sur la photo précédente.

En faisant cette photo, j’ai pensé à un de mes photographes « fondateur influent » : Raymond Depardon. En hommage, je publie ci dessous deux de ses photos prises de la même ligne de ferries lors de sa fameuse correspondance new yorkaise  qui est un des quelques ouvrages qui m’a décidé à photographier. C’est une des premières fois qu’un photographe accompagnait ses photos d’un texte. Notez que sur la photo ci dessous, prise en 1981, on retrouve la silhouette des Twins. J’apprécie foncièrement l’oeuvre de R Depardon même si je suis plus mesuré sur ses travaux récents.

 

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