Hambye

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L’abbaye de Hambye (cliquer) a un arrière-goût d’enfance pour moi, de promenade dominicale. J’y suis retourné récemment avec la satisfaction de découvrir le résultat d’un long travail de restauration accompagné d’un effort agréable de pédagogie dans les expositions. Ci dessus un cliché des alentours immédiats qui a attiré mon oeil. Un temps d’émotions historiques et culturelles. Ne pas manquer d’y faire une halte…

Gatteville

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Gatteville, extrémité Est du Cotentin, un phare et la vue d’en haut. La route d’arrivée partage l’estran, une symétrie en diagonale s’ébauche en un graphisme abstrait, il faut bien regarder pour se caler les yeux et comprendre, l’arrivée triangulaire présente des taches d’interrogations. Promenade plaisir dominicale de mon enfance et un superbe endroit préservé. Non loin, Barfleur, port bourgade typé  et historique nécessitant une halte où se perdre dans les ruelles et sur le port.

Bagnoles de l’Orne

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Non loin de Bagnoles, un agglomérat de véhicules anciens et au milieu une Ford Edsel en parfait état, en cliquant sur le lien, vous aurez les éléments historiques de cette automobile, énorme raté commercial des années 58 60.

Par la vitre côté conducteur, une symphonie de cercles, dont ce superbe volant centré sur les commandes de la boite de vitesses automatique, on reconnait le bouton Drive, Parking, Neutre…Un reflet de roue de voiture voisine se mêle à cette fête.

Entrée (La Richardais)

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Cet endroit m’émotionne les yeux, mélange de deux mondes, l’un géométrique, l’autre chevelu, broussailleux, du rythme, l’opposition noir blanc, ce bel escalier aux ombres qui prolongent le réel….Bernard Plossu dit : Le photographe est celui qui voit tout de suite les lignes de force, qui voit très vite le cubisme de la réalité banale et la tension entre le figuratif et l’abstrait.

Layette

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Charmante boutique de layette, petit linge charmant, plante aux belles formes fines et légères….la force de la photographie: une évidence, une justesse, une émotion, et on ne sait pas pourquoi. Bernard Descamps :photographier des moments de grâce, suspendus, intemporels, photographier pour vivre deux fois…

JAGUAR

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JAGUAR, une belle carriole dont on voit parfois quelques spécimens intra-muros : celle-ci, un modèle ancien dans une cour intérieure carrée, un jour de pluie qui abandonne des gouttes sèches sur une carrosserie immaculée, les tracés caractéristiques des hautes cheminées malouines, ce logo caractéristique immédiatement reconnaissable, tout participe à ce cliché presque abstrait. Cadeau d’un matin mouillé gris!

Saint malo « l’univers »

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L’univers à St Malo, chanté par Lavilliers est un bar hôtel d’intra-muros illustre pour être l’ancien yacht club. Bar à l’ancienne, peuplé de souvenirs, de passages de marins prestigieux, les murs tapissés de photographies, de signatures, de traces de passages, univers chaleureux chargé d’histoires et d’Histoire. Au fond d’un long couloir menant vers les chambres de l’hôtel, une grande pièce de réunion précédée d’un espace vestiaire. En hiver, le peu d’activité laisse découvrir le squelette de l’endroit qui m’a permis de faire ce cliché surréel, curieux endroit de stockage de manteaux…des verticales kitsch dont le graphisme résonne avec la patère et le radiateur, ces cercles mystérieux, ces cintres vides, presque seuls repères où s’accrocher, atmosphère de solitude interlope interrogative.

HIREL (2)

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S’il suffisait de croire les dessous des balançoires…..chanson « Est-ce aimer » de Bashung (album l’imprudence). Composition graphique que j’apprécie, ombres, graphisme, ce jeu d’enfant dans un triangle, le banc table de pic nic qui occupe la droite, le pointillé au second plan, Cancale au fond….endroit qui m’a immédiatement évoqué cette envoutante chanson. les paroles:

S’il suffisait de partir
Comme un voleur à la tire
Rejoindre là-bas
Les troupeaux de regrets
S’il suffisait de s’offrir
Au premier volcan venu

Est-ce aimer ? {x2}
Est-ce une escale
En mer Egée ?
Est-ce un essaim d’abeilles
Au réveil ?

S’il suffisait d’orner la douleur
D’une plage de silence
J’ai pas souffert
J’ai pas suffi
Là où la rouille n’a que faire
De la mélancolie

Toi aussi, tu te noieras
Dans ce désert imbuvable
Toi aussi, tu te perdras
Dans de beaux draps

S’il suffisait
De se refaire une beauté
Pour retrouver grâce à tes yeux
S’il suffisait de se défaire
S’il suffisait de disparaître
Est-ce aimer ? {x4}

S’il suffisait
D’abolir les écorchures
La peine qu’on se donne pour tenir
Une à une triomphent les ruines

Est-ce aimer ?
Toi aussi, tu trembleras
Sous la canicule
Varans, sauriens
N’en savent rien

Est-ce aimer ? {x5}
Est-ce une escale
En mer Egée ?
Est-ce un essaim d’abeilles
Au réveil ?

S’il suffisait de croire
Les dessous des balançoires…

St OUINE 2017

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On dit parfois : ça coûte un bras, mais combien un bras vaut? Bravo, Manuel Alavarez! Manuel Alvarez Bravo. Grand, immense photographe proche du mouvement surréaliste. Cette photo est mon humble hommage à ce photographe, elle m’a sauté aux yeux et me semble rappeler une photo de ce photographe de 1934, los agachados. On est tous le résultat de multiples influences, cela se confirme une fois de plus. Sans copier, le fait de prendre cet instant me réveille toute l’oeuvre de cet artiste dont je vous conseille d’explorer l’oeuvre envoûtante et régalante.

Préparation encore de la St Ouine qui ouvre demain, ces deux personnages dans une position de déséquilibre, un de dos l’autre de face, le côté graphique, l’atmosphère fin de jour, ce moulin et la géométrie qui va avec, que se passe t-il….je le sens, je le sais, c’est un bon moment, un bel instant, une bonne photo selon mes critères intimes de choix au moment de la prise de vue, critères non analysés en tant que tel au moment mais c’est cela qui fait la magie de la photo, on analyse après ce qui se passe en un instant et qui vient probablement de tout ce qu’on est : influences diverses, état d’esprit, envie, plaisir, inconscient, conscient…  que sais-je encore.

Seville jardins de l’Alcajar

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Une grille et son ombre finement liées, laborieux de faire la part de l’une et de l’autre au premier coup d’ oeil dans cet entremêlement furieux évoquant des barbelés. Et puis cette combinaison semble trop grande pour la petite porte sombre…

Belles matières de mur et de sol ravigotées par ces rasants rayons.

Utilité de quelques secondes pour atterrir sur ce cliché, la vue attirée par cette délicate courbe d’ombre, énigmatique dans cet univers rectiligne, ouverte dans le sens de lecture vers cette petite porte parallèlement cintrée dans sa partie supérieure…le concept d’enfermement du premier plan s’oppose à celui de sortie, d’air, de fuite vers la droite…tout est là, calé : les oppositions droites-courbes, objet-ombre, noir-blanc, prison-fuite et d’autres probablement.

2016->2017

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Carte de voeux !…pourtant je me suis dit longtemps cette année : plus jamais de carte de voeux!  et puis en voilà une tout de même…cette photo était envisagée pour cet emploi avant l’été. Je vous laisse la regarder sans influer votre vision avec mon habituel commentaire.

Juste expliquer le « nice hazards »de ma part qui ne suis pas doué pour les langues. D’abord « Nice » car cela me tinte bien aux oreilles, donne une notion de plaisir doux, ensuite, « hazards » que les anglais écrivent avec un « Z » en lui donnant une dimension de danger qui reste plus en retrait dans notre « hasard » avec un « s ». On voit fleurir, en effet, dans les grands déserts anglophones et imbuvables (Bashung), des panneaux routiers triangulaires de signalement de danger avec écrit : « dust hazard » : implicite mise en garde vis à vis des tourbillons venteux de poussière qui peuvent altérer la vision et la sécurité. Nous restons, nous, plus proches du hasard qui fait bien les choses, même si , bien sûr, il ne nous présente, pas toujours, que de bonnes surprises.

Cette année 2016 a été pour moi une sorte d’apprivoisement du hasard. Je souhaite ainsi à tous, de nombreux très bons petits hasards de la vie avec cette idée de prise de risque calculé et confiante.

Beaucoup de citations sur ce mot, j’en mettrai deux en exergue, celle de Pasteur : « le hasard ne favorise que les esprits préparés » et aussi celle de Camus, très forte : « la seule divinité raisonnable, je veux dire le hasard… »

et pour finir, un proverbe chinois, abscon et mystérieux à la première lecture, mais à la réflexion, très fort avec plusieurs entrées possibles : « Qui voit le ciel dans l’eau, voit les poissons sur les arbres« . Je le livre à votre pensée, je suis curieux d’en reparler avec vous et/ou de voir votre réaction écrite.

Paris 2015 (Champs-Elysées)

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On peine à reconstituer la fée immense qui tiendrait l’étoile!

La place de l’étoile n’est pas lointaine de cet endroit des Champs Elysées en novembre 2015.

Les guirlandes de Noël, qui se présentent comme sortant de l’arbre,  ajoutent une interrogation à cette opposition entre le tronc massif tacheté à droite et la ponctualité, plutôt le pointillisme ou le pictorialisme de ces branchages. Le banal nuage est le bienvenu comme repère d’échelle.

Autre rapprochement possible entre les courbes entrelacées de bas résilles des guirlandes et celle du lampadaire double en bas à gauche.

La magie de la fin d’année découle de cet assemblage, de cette collusion d’échelle qui me suggère une poésie à écrire.

Une que je retrouve…..YPORT

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Une photo que je redécouvre, façon de parler, car elle est au mur à la maison et je circule devant, une dizaine de fois par jour, depuis plusieurs années…c’est assurément donc une re-découverte aujourd’hui…pourquoi aujourd’hui?

Ce graphisme marqué, ces deux abat-jour, ce personnage énigmatique émergeant de ce décolleté, ce H (non, je n’avais pas fumé), ces X récurrents (non, non plus). Cette femme qui semble m’avoir débusqué, qui doit se demander ce que je photographie (une habitude pour moi…), qui semble ne pas vouloir être sur le cliché, on la sent à l’affût, curieuse, attentive, contrariée : tout cela filtre malgré la petite taille de ce minois pâle et probablement échevelé au petit déjeuner, minuscule élément humain dans cet univers froid géométrique. Un début de nouvelle?

C’est à Yport, en mars glacial, lieu d’un précédent article. La construction de cette image (un V au premier plan guidant l’oeil vers quelque chose) se rapproche de plusieurs autres photos du groupe « géométrie urbaine », je vous laisse feuilleter ce groupe si vous avez quelques minutes.

 

BIOT (06)

C2428D Cette photo me questionne et me comble : le puzzle de formes, de structures, de matières presque tactiles, ces fissures, les verticales, les horizontales, cette mystérieuse ouverture joliment pavée à droite, ce banc craquelé des postérieurs reposés, cette ombre-fumée interlope, cette machine infernale mi vélo mi trottinette dans la mi ombre, ce seuil calcaire fissuré, courbé de l’usure des pas récurrents, ces petits mégots nicotinés au sol…que de détails devant ce banal coin de rue de Biot. La découverte de quelque chose de nouveau quasiment à chaque regard renforce mon affinité. Loin de me douter de tout cela au moment de la prise de vue : magie de la ‘Photographie’!

Cette composition m’évoque des paroles de Léonard Cohen : « Il y a une fissure dans toutes choses, c’est par là que passe et arrive la lumière ». Loin aussi de me douter de cela à la prise de vue en 2015! En tous cas cette photo de Biot me botte. (on prononce Biote).