Maison Jacques Prévert (1)

C6706nC6727n

Jacques Prévert a habité à la fin de sa vie à Omonville-la-Petite, petit endroit charmant caché dans la Hague (50), région connue aussi, malheureusement, par la présence incontournable d’ AREVA. La maison est ouverte en musée, la visite charmante et poétique retrace la carrière et le génie de ce personnage de jeux de mots laids. Quelque part dans le village une citation est notée : « dans toutes les églises, il y a quelque chose qui cloche. »

Une que je retrouve…..YPORT

c544d

Une photo que je redécouvre, façon de parler, car elle est au mur à la maison et je circule devant, une dizaine de fois par jour, depuis plusieurs années…c’est assurément donc une re-découverte aujourd’hui…pourquoi aujourd’hui?

Ce graphisme marqué, ces deux abat-jour, ce personnage énigmatique émergeant de ce décolleté, ce H (non, je n’avais pas fumé), ces X récurrents (non, non plus). Cette femme qui semble m’avoir débusqué, qui doit se demander ce que je photographie (une habitude pour moi…), qui semble ne pas vouloir être sur le cliché, on la sent à l’affût, curieuse, attentive, contrariée : tout cela filtre malgré la petite taille de ce minois pâle et probablement échevelé au petit déjeuner, minuscule élément humain dans cet univers froid géométrique. Un début de nouvelle?

C’est à Yport, en mars glacial, lieu d’un précédent article. La construction de cette image (un V au premier plan guidant l’oeil vers quelque chose) se rapproche de plusieurs autres photos du groupe « géométrie urbaine », je vous laisse feuilleter ce groupe si vous avez quelques minutes.

 

Chez Brigitte

C3027nblog C0987nblog

Beaucoup de charme à cette demeure de Cancale avec son accès par la sente, petit cheminement piéton commun à toutes les maisons, au pied de la colline sur les arrières de La Houle. Beaucoup de bons moments : ici, la réception est chaleureuse, conviviale, chez cette photographe à l’oeil malicieux et original. Le chat voisin est aussi accueilli à bras ouvert et se niche sur le rebord de la fenêtre au milieu de plantes, de bibelots, de livres, d’une caisse de grand cru et d’autres objets parfois improbables…….à noter que le petit livre dont on distingue la couverture est celui que nous avons réalisé Denis et moi et qui fait l’objet de la publication précédente.

Le cliché de l’accès à l’étage déniche une géométrie mixant toutes sortes de lignes dont l’origine semble issue de cette statue (seule forme courbe soulignée par le bras du fauteuil), oubliée sur la troisième marche : mon oeil improvise avec délice des cheminements variés.

SAINT MALO (sillon)

C0049nb2

Avec le recul (prise de vue en décembre), avec le temps du travail de sélection et de retouche, m’est apparue irrémédiablement, l’évocation de masques africains : plusieurs éléments peuvent suggérer les yeux, le nez, la bouche, les dents, la chevelure, les oreilles……………………ces masques utilisés dans les rites sacrés ont été reproduits de génération en génération avec des tracés qui ont évolué vers les plus efficients, qui sont parvenus à l’essentiel (donc à l’art). Ils ont participé à l’inspiration d’artistes tels que Picasso. L’architecte de cette façade était probablement influencé par quelque chose du cubisme…..l’œil tourne musarde du vertical (façade) à l’horizontal (sol), agence, spécule, décompose, recombine différents détails pour faire une tronche, une gueule ou une autre, plus ou moins bancale ou extravagante….

Au delà de cet aspect « masque », qui peut ne pas séduire votre regard, ce cliché fourmille de détails graphiques de formes, de longueurs, de textures, d’assemblages différents. Ce foisonnement et le passage d’un élément à l’autre élaborent l’énigme de cette image. Ce (presque?) trop-plein de données, cette surabondance de précisions maintiennent une exigence et une durée de lecture difficile à avoir sur le lieu « en direct ». La photographie, en figeant cadre et espace, donne à voir pendant le temps nécessaire et utile.

 

SAINT MALO (Sillon)

C0530nb1

Cette façade a été photographiée un jour gris après une grande marée : en effet le sable amoncelé sur la digue et non encore évacué par les services urbains signifie une grande marée récente houleuse. Le temps gris permet d’éviter les ombres (que j’affectionne tant d’habitude) et de se concentrer sur le graphisme et la géométrie de cette façade plus que parfaite. Seul un porte-drapeau et l’ombre d’un réverbère viennent perturber la symétrie parfaite : même les éléments végétaux de chaque côté sont symétriques!

Par contre, il en est tout autrement dans la partie basse de la photo qui semble articulée avec le haut par cette belle barrière blanche. La nature a déposé ce sable avec une épaisseur et une disposition aléatoires, la digue a vieilli et propose des fissures vers un dessin qui se mélange au sable.

En fait, cette photo donne à voir deux mondes juxtaposés et opposés, l’œil et l’esprit se régalent de passer de l’un à l’autre et de tourner autour du point de passage et d’entrée composés évidemment d’une barrière et d’un escalier. A propos de cette interprétation, j’ai trouvé un article sur la mécanique esthétique de l’image et je remercie Henry Peyre de me permettre de l’indiquer en lien : cet article est passionnant, il permet une approche de l’analyse d’image et de mettre des mots sur des émotions ressenties.

ETOILE DU ROY (St MALO)

6543nb2

L’Etoile du Roy est un navire souvent à quai tout près du nouvel office de tourisme de St Malo. Cet édifice récent n’est pas d’une beauté rare mais ces vitres permettent de mixer les reflets du gréement avec d’autres éléments (lampadaire, goéland, reflets dus au vitrage etc..). Le double vitrage ajoute des doublements de réverbération. L’œil semble se perdre au premier coup d’oeil mais se retrouve grâce aux lignes de force du gréement : on admire les matelots en équilibre, qui manipulent, en navigation,tous ces cordages.

LONDRES (BIG BEN)

6334nb

A Londres, comment faire une photo originale de Big Ben? j’ai tenté celle-ci : d’abord situer la ville : un drapeau européen, le bus à imperiale avec le symbole de la livre sterling et enfin ce reflet, discret mais à un point fort, de Big ben. Le graphisme du bâtiment prolongeant le graphisme du bus……..beaucoup de détails qui ne devraient pas échapper à votre regard aiguisé sur ce cliché………….par exemple, les aiguilles de l’horloge : elles sont aux alentours de midi…………

LONDRES

SONY DSC

J’aime ce cliché, on nous regarde …………..un peu comme la Joconde, si on bouge latéralement : elle nous suit toujours….est-elle réelle? le doute ne résiste pas à quelques secondes. Ce nom de rue me rappelle le nom de la rose, et le bruit de ‘street’ est suave ………….l’arrondi du panneau contraste avec les angles droits du reste de la photo…………régalez vous! (enfin, j’espère)

SAINT MALO (garage Citroën)

6033BBB

Une vue probablement inhabituelle du garage Citroën de St Malo : reflets déformants dans la baie vitrée du magasin. La question étant d’isoler une déformation intéressante sur le plan photographique car les possibilités sont innombrables selon la position, la lumière, rien que le fait de fléchir légèrement les genoux ou de se déplacer latéralement de 20 cm modifie tout…………un début de partition musicale contemporaine? (à soumettre à Pierre Boulez). J’explorerai encore probablement ces distorsions pour compléter un début de série.

SOUS PREFECTURE (St Malo)

4483Cblog

La sous préfecture de St Malo présente des reflets dans ses vitres qui permettent de faire un lien avec un article précédent : distorsions toujours présentes, cette fois des pigeons plutôt qu’un goéland………La forte distorsion du toit et de la netteté a attiré mon oeil et j’ai attendu un bon moment des oiseaux en meilleure position possible au milieu de ces branches hivernales penchées; cette fois ci, l’oeil n’est pas « bloqué » à droite par un montant de la fenêtre, les oiseaux sont libres de se poursuivre sans limite…………