DOMFRONT

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Si vous passez par Domfront, arrêtez vous!  d’abord dans le bas de la ville visiter l’église de Notre Dame sur l’eau, église romane normande magnifique, avant de monter flâner dans la ville, les ruelles, l’église néo-byzantine, les ruines du château, qui était une énorme forteresse édifiée en 1011; de cet endroit stratégique, remarquable vue sur la région. Quand je suis passé, en décembre, les décorations de Noël, les arbres en contre jour, composaient un décor d’interrogation à ce penseur impensable, solitairement voûté devant la vallée paysage…j’aime aussi ce premier plan griffé par les ombres et ce beau soleil très fortement bas d’hiver incomplètement filtré par les branches. Dans ce décor, à quoi peut bien penser ce personnage à la silhouette pour le moins mélancolique?

AUBRAC

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Petit arbre, boule isolée, fragile, dont le tronc bifide suscite immédiatement une équivoque, centré de façon volontaire pour l’avantager (ce qui est contraire à une composition académique), un joli ciel nuageux, un premier plan anodin qui nous guide vers cette horizontale complexe composée de barbelés aux poteaux de guingois et d’un zig-zag de cailloux comme d’un Petit Poucet. Aubrac, plateau à une altitude de 1000 mètres, où le silence et la solitude font partie de l’expérience et du charme fou de ce coin où l’aligot est omniprésent. Ce menu ingurgité par les pèlerins en route vers Compostelle qui réclamaient chaleur et alimentation riche pour affronter le climat rude. Beau souvenir du charisme poétique qui passe aussi par les noms de communes, envie de repasser……

« Une attraction sans violence, mais difficilement résistible me ramène d’année en année, encore et encore, vers les hautes surfaces nues, basaltes ou calcaires du centre et du sud du massif : l’Aubrac, le Cézallier, les planèzes, les causses. Tout ce qui subsiste d’intégralement exotique dans le paysage français me semble toujours se cantonner là : c’est comme un morceau de continent chauve et brusquement exondé qui ferait surface au-dessus des sempiternelles campagnes bocagères qui sont la banalité de notre terroir. Tonsures sacramentelles, austères, dans notre chevelu arborescent si continu, images d’un dépouillement presque spiritualisé du paysage, qui mêlent indissolublement, à l’usage du promeneur, sentiment d’altitude et sentiment d’élévation. » Julien Gracq

 

Paris 2015 (Champs-Elysées)

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On peine à reconstituer la fée immense qui tiendrait l’étoile!

La place de l’étoile n’est pas lointaine de cet endroit des Champs Elysées en novembre 2015.

Les guirlandes de Noël, qui se présentent comme sortant de l’arbre,  ajoutent une interrogation à cette opposition entre le tronc massif tacheté à droite et la ponctualité, plutôt le pointillisme ou le pictorialisme de ces branchages. Le banal nuage est le bienvenu comme repère d’échelle.

Autre rapprochement possible entre les courbes entrelacées de bas résilles des guirlandes et celle du lampadaire double en bas à gauche.

La magie de la fin d’année découle de cet assemblage, de cette collusion d’échelle qui me suggère une poésie à écrire.

Conil de la Frontera

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Toutes ces verticales procurent la perception que ce thon métallique s’inscrit dans une partie de squelette d’un autre gigantesque poiscaille.
Je m’aperçois maintenant du rappel de la structure de cet albacore avec le mobilier urbain de garage de vélos…
Beaucoup de détails sont en double, triple et plus. Le vent et le soleil fabriquent le reste.

ANDALOUSIE

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L’ouest de l’Andalousie, un arrêt à Conil de la Frontera, rencontre avec le régal d’un petit déjeuner Andalou (pain grillé frotté à l’ail, huile d’olive, tomates……), séjour convivial avec des amis chers…un bel endroit mélange d’ombres courbes et rectilignes, d’ombres explicables, d’autres dont l’origine hors champ pose question, un banc magnifique m’évoquant Antoni Gaudi, un blanc ensoleillé typique du sud, une photo à ajouter à la série ‘des arbres et des ombres’ et un excellent souvenir qui suggère repos et sérénité.

DINARD (Castelbrac)

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Cette photo m’évoque la chanson de Serge Reggiani : « les loups sont entrés dans Paris ». Bien sûr, ce ne sont pas des loups mais des ours et puis ce n’est pas Paris mais Dinard, qu’importe! En plein Dinard, à l’entrée d’un hôtel de luxe qui a proposé cet accueil froid, complété d’une patinoire très kitsch, au revêtement plastique, pendant les fêtes. La tonnelle végétale, permanente, agrémente l’entrée de l’établissement, avec ses troncs de belle courbure et le bel entrelacé des branches sur un ciel moutonneux. Ces ours semblent sortir de leur tanière et d’herbes hautes, à la tombée du jour, dans une atmosphère menaçante et une attitude cynégétique. Cette photo peut paraître confuse, elle demande effectivement un effort de lecture et d’analyse : beaucoup de détails apparaissent alors………….

SAINT MALO (LE NAYE)

C1201nb2Le mur de la piscine du Naye, auprès du terminal ferries autorise cette ombre multiple du tronc d’arbre. Multiple, en effet, car l’ombre due aux rayons bas du soleil de soir est doublée par l’ombre provoquée par des forts projecteurs qui éclairent le parking destiné aux véhicules en partance. Cet effet complexifie et donne du mystère à cette image où s’opposent aussi le minéral et végétal.

Image à rapprocher de celle-ci ….

 

SAINT MALO (les Nielles)

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L’œil qui regardait Caïn? non, tout simplement un tag visuel, peint sur les sanitaires d’un camping de St Malo situé près de la côte….œil encadré pas les obliques des arbres encore dénudés qui ont poussé sous un vent chronique de mer; regard cyclopéen appuyé, mais adouci par les petites fleurs de printemps du premier plan…………..inattendu lors d’une banale flânerie………

Ste Ouine

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Par petites touches, on repère ce cliché à St Malo (remparts), en hiver (arbre dégarni) et on en déduit (si on le connaît) le moment de la Ste Ouine (tente pointue). L’association des textures (tente, végétal, minéral), leurs contours et leur agencement contribuent à conduire le regard vers le ciel, vers l’infini, vers la liberté. C’est, peut-être, l’un des buts recherché de cette fête foraine annuelle !

Je cherche à échafauder ma photographie comme une vision différente, un autre regard qui tente de mettre les choses banales sous un éclairage insolite.

ROND-POINT (St MALO)

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Un autre rond-point, dans l’esprit du précédent, de l’autre côté de mon quartier, éclairé de 3/4 face droit par une belle lumière d’hiver filtrée par les branches. Les arbres inclinés sur le rond-point ne sont pas le fait d’un effet d’optique de l’objectif. C’est l’arbre de droite et cette belle lumière qui m’ont stimulé à déclencher : je me suis retrouvé un peu protégé par les peintures, au milieu de la route, cerné de voitures dubitatives, sur cet axe assez fréquenté, en attendant le moment sans véhicule. Ce petit arbre penché, asymétrique me donne un sentiment de résistance, d’originalité aérienne solide face à toute cette géométrie de l’obligatoire dont l’avantage est de guider l’œil avec pertinence vers cet arbre. Il se détache bien, sur le fond de ciel, des deux arbres voisins sans feuille. Souhaitons que son comportement ne sera pas caduc !

C’est une photographie qui s’efforce, en fin de compte, à mettre en évidence l’importance des choses sans importance.

CHERCHEZ L’ERREUR…….et la solution

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eh oui, à première vue, c’est très étonnant : cette ombre de tronc bifide (qui fait penser à un lance-pierre d’enfant, on disait : une élingue) alors que le tronc de l’arbre est unique et que l’ombre de l’arbre voisin est unique aussi………cette photo est prise autour du fameux rond-point  et la photo de ce rond-point vous donne des éléments d’explications………….regardez bien…………au milieu à gauche……….

LA SOLUTION CI DESSOUS :

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SAINT-MALO (quartier du grand aquarium)

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Cette photo ausculte vraiment l’esthétique du quotidien, en particulier le mien car je circule plusieurs fois par jour autour de ce rond-point! J’ignore tout des conjectures des riverains qui m’ont vu au milieu de la voie à peaufiner mon placement……….   Pourquoi cet endroit si banal séduit mon œil et m’impose une halte?

Ici encore, (au moins) deux univers s’opposent : en bas le sombre, la calligraphie épaisse, l’immobile, l’humain fonctionnel ; en haut : le léger, le fin, le naturel, l’élancé, le subtil, le superflu : le regardeur se régale de circuler de l’un à l’autre, de comparer, de soupeser, d’évaluer les volumes. Au milieu, horizontalement, un espace mixte, à la fois végétal et graphique plus fin qu’au premier plan. Le triangle de la balise (cédez le passage) à droite répond à la façade triangulaire (inversée) de la maison, ces deux triangles délimitent, latéralement, la partie centrale de la photo et d’une certaine façon rassure le regard. Une direction de lecture semble proposée avec la flèche ‘obligatoire’, puis on s’échappe vers la partie supérieure de la photo se délecter de la finesse et de la subtilité graphique des arbres et du petit nuage.

Verticalement, les arbres centraux les plus grands semblent posés sur un piédestal qui s’appuie sur le graphisme triangulaire blanc peint, l’ensemble coupe la photo en deux parties égales qui évoquent une symétrie, d’où une sensation d’équilibre et pourquoi pas de sérénité à l’ensemble.

SAINT MALO (rue G. Clemenceau)

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En bas de la rue Georges Clemenceau, à St Servan, en ce mois de janvier et ce soleil bas, la lumière a permis de dessiner cette sorte de feu d’artifice hirsute qui entoure une porte. L’œil y est conduit par ce trottoir, puis la bordure perpendiculaire au mur et le bas du mur vers la gauche, tout cela formant un Z délimitant une sorte d’échiquier d’ombre, d’herbe et de goudron (textures différentes) souligné au premier plan de brindilles mortes. L’œil découvre ensuite cette fresque murale broussailleuse centrée sur cette porte qui semble nous regarder. Le choix du cadrage a éliminé un deuxième arbre dont le contour est à gauche de la porte. Bien sûr, le chemin de vision de cette photo peut être différent…… C’est du banal, de l’éphémère, 5 minutes plus tôt ou plus tard, c’est autre chose…. J’aime cette finesse de traits sur les murs qui partent dans tous les sens et prendre le temps d’explorer le potentiel pictural de l’ordinaire : la photographie cristallisant un instant offre le temps utile à l’observation.

Ci dessous, une photo de mars 2009 du même endroit : atmosphère complètement différente, toujours construite sur l’ombre naturelle de l’arbre contrastant avec la géométrie des lignes du sol, de l’architecture, des textures, des contrastes…….

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