Vannes

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Deux photos prises à Vannes lors d’un séjour au festival photo 2017 où j’ai pu retrouver avec plaisir Errance de Raymond Depardon et le voyage mexicain de Bernard Plossu : un grand moment pour moi avec ces deux photographes fondateurs. Une vitrine d’opticien en ville et la cour intérieure du petit restaurant du midi…

On dit que la photo est prise par le photographe, je crois plutôt que la photographie prend le photographe en ce sens que je m’aperçois que je regarde photographiquement et que l’image s’impose à mon œil : je sens que là, il y a quelque chose à faire, c’est quasi plus fort que tout…

Firenze TAG

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Encore des bécanes! C’est beau, un vélo : la liberté, l’autonomie quand on est enfant, la vitesse, la perception de glisse, de contrôle, la sensation d’être moteur…ce n’est pas souvent d’avoir toutes ces excitations en même temps. Florence est une ville très décorée, j’ai choisi ce tag Florentin, magnifique de graphisme fil de fer et d’expression : attraper le cœur du bonheur, on y est presque sauf s’il s’échappe encore une fois….et à droite ce télescopage avec ce « make América great again » accompagné d’un drapeau symboliquement bien planté dans cette Amérique Trumpée… lecture multiple, plusieurs portes d’entrée, en découvrir à chaque fois…

 

Toscane Malouine

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Intra-muros, cette baroque résurgence Toscane m’a provoqué un sourire : le David, la tour penchée, le rappel des merlons du Palazzio Vecchio : tout cela n’agence qu’un pis-aller : pulsion de quérir un aller Pise ou une pizza lait? Les bourrasques Malouines me replacent dans la réalité Bretonne, culbutent le pot de fleurs d’une hypothétique proposition d’installation en terrasse.

FIRENZE TAG Vénus

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A foison les dessins et tags à Florence, beaucoup suggérés par une oeuvre emblématique de Florence, des Médicis, de la galerie des offices : la naissance de Vénus de Botticelli  (cliquer sur le nom pour le lien). On considère avec délectation les cheveux, les fleurs et l’évocation de l’expression de la pudique Vénus, voir son col manuscrit : « incursioni decorative ».

La première photographie apparaît plus proche du tableau réel, avec une Vénus, plongeuse (!), cheveux au vent, mouvement du bras droit et expression conformes, torse habillé d’une chemisette aux manches bouffantes rayées de sangles d’un sac à dos…Fiesole, sur les hauteurs au nord de Florence, dans une ruelle fort montante, composition en triangle entre le tableau et les rectangles du sol, le regard est dirigé par les rampes et leurs boules terminales, les cheveux semblent de prolonger à droite vers l’ombre très sombre de feuillages sur le mur. street art : Blub est un artiste florentin (cliquer sur lien).

Dessins rapides mais précis au dessus d’affiches lacérées et bordée d’une gouttière barbouillée. Carambolage charismatique d’éléments modernes et de symboles historiques et culturels.

La grande force de la photographie réside dans son aptitude à faire surgir une poésie du détail au cœur du désordre qui nous entoure. « Cathy Rémy » (cliquer)

VéNUS, première à éclairer la nuit, comme le chante Bashung dans cette superbe chanson à écouter, ré-entendre pour en savourer la lourde poésie … tout comme Le tableau de Botticelli que les yeux ont du mal à quitter sauf pour se plonger devant le Printemps (cliquer), tout proche dans le musée. Ces deux tableaux valent à eux seuls le déplacement à Firenze.

Rimbaud?

 

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Des planches de pin importées des pays du nord, planches emballées dans des bâches plastifiées, entassées sur le port de St Malo, sur lesquelles sont inscrits les lots et les marques. Au milieu, ce personnage, logo de marque, m’évoquant certains dessins stylisés d’Arthur Rimbaud. Il semble se lever d’une longue sieste, occupée de rêves de voyages insolites, caché par les morceaux de pin…présence irréelle, sorte de spectre surréaliste.

Marché Rocabey (danse avec le vent)

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Photographie mystérieuse, comme je les aime et recherche, rencontre de l’inconscient et du hasard comme le disait Henri Cartier-Bresson. Dans le même esprit, John Stuart Mill avançait que la photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard. La photographie est au service d’une expression intime existentielle, elle vise à déstabiliser la perception du réel vers l’imaginaire, à transformer l’expérience sensible dans une poétique de la métamorphose.

Zone d’espoir

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A St Malo, fleurissent ces messages réalisés au pochoir dont la signification me reste inconnue malgré quelques recherches. Ils sont signés d’un logo qui n’apportent rien de plus. Ils fleurissent à des endroits choisis, semble t-il, par hasard, mais là, la localisation m’est apparue attirante et signifiante avec cet escalier qui s’enroulent vers un sombre probablement lumineux et ces deux pochoirs inratables, que l’on regarde ses pieds ou devant. L’éventail de l’escalier qui se déroule dans le sens de lecture aère ce cliché plutôt austère. Pour info, il s’agit de l’entrée d’un club de fitness, zone d’espoir de bien être…

Femelle ou Mâle?

Un rhinocéros ou une rhino, c’est rosse? impossible de répondre! En tous cas, pas une haze comme semble l’indiquer le tag au dessus. Ce rhino apparaît intra muros dans une dizaine d’endroits; j’ai recensé ces quelques endroits. Cette liste n’est pas exhaustive, j’ai gardé les clichés où une mise en perspective avec l’environnement était satisfaisante. Le sens exact de ce Graffiti pochoir reste mystérieux. Les recherches sur internet sont vaines. Mais j’y ai trouvé un amateur de tags malouins qui a crée ce blog :http://love.lyoko.xyz/ , il s’agit d’un travail plus complet avec une cartographie.Il ne sait pas non plus le sens exact de ce rhino, mais l’avait bien remarqué…affaire à suivre…

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Ce dernier a déjà fait l’objet d’un article précédent…le 13 mai 2015  (cliquer sur date).

 

 

Graffiti

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Graffiti, sorte de langage universel, entre le slogan politique et le street art. Je suis aimanté par cette forme d’expression, je la cherche, elle me saute aussi aux yeux je trouve cela interlope, inattendu, souvent en situation imprévisible, fugitif, quelquefois recouvert, éphémère car pourchassé par les nettoyeurs haute pression des employés municipaux. A St Malo, ce jargon fleurit et je traque la mise en perspective dans son environnement de cette expression. Là, cadeau, avec cette gouttière cassée, on imagine difficilement l’écoulement de l’eau vers la zone sombre inquiétante quand il pleut, sans compter ce petit robinet improbable qui dépasse de la fenêtre en haut, et tous ces fils électriques à droite…que de questions! Tableau quasi surréaliste sans compter le sens caché du graffiti même…ces spirales qui semblent nous regarder, ce graphisme qui évoque « AMOKO » comme Amoco Cadiz à Portsall (qui porte bien son nom) en 1978, bien d’autres hypothèses sont recevables. Votre avis en commentaire, si vous voulez. Ainsi qu’un mot en guise de titre, si vous avez l’inspiration.

Intra muros à St Malo, existe un pochoir répété de rhinocéros comme cette photo (cliquer) déjà publiée. Je prévois de recenser et publier tous les endroits intra muros où est cette bestiole. Je n’ai pas déniché cet animal ailleurs qu’intra…quelle est sa signification? peut être une critique du rhume? la rhino, c’est rosse!! le mystère demeure entier, captivant.

ARLES (bonjour, bienvenue et merci aux nouveaux abonnés)

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Girard n’était pas une personne jeune inexpérimentée, mais un habitant d’Arles, agent de police, habillé en bleu, d’où le nom ancien et désuet de cette superbe rue d’Arles, tout près des arènes.

José Manrubia, lui, est un matador et un artiste contemporain d’origine espagnole. A ses yeux, peindre la tauromachie est un acte de rébellion contre l’idée d’une société aseptisée, d’une culture unique, lisse et sans relief. Alléchant programme! Voilà la réponse à deux questions qui pourraient se poser à vous à première vue de cette photo. Je vous invite à aller plus loin…

La Camargue est évoquée dans ce cliché, les herbes folles d’où jaillit cet auguste taureau, puissant et pétulant, valorisé par les bords saccadés et acerbes de ce placard presque carré, mimétisme des cornes de l’animal. L’enduit craquelé suggère l’effet du soleil, de la chaleur, du sel, et donne une jolie matière au fond. Il ne manquent que les flamants roses, l’Arlésienne, les chevaux ont déjà fait l’objet d’un article!

Le petit rectangle parfait en haut à gauche résonne avec le rectangle du nom de l’artiste (en bas à droite) et avec l’aléatoire carré central, lui même dans le carré parfait de la photo,  jeu de miroir énigmatique à quatre (au moins) éléments s’efforçant d’encourager un espace de lecture et d’analyse. Le passage d’un élément à l’autre ravit le regard et nourrit l’affinité avec l’image. On peut voir aussi la composition de cette photo en X sur les deux diagonales, une formée par les deux rectangles (nom de la rue et nom de l’artiste) et une formée de l’axe suggéré par les pattes et le corps de l’animal…..tout est possible (avez vous d’autres idées?) : c’est à mon sens un intérêt de cette (la) photographie.

 

 

 

 

Saint Malo (intra muros)

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Belle surprise de tomber sur cette superposition d’affiches et de tags, séparée en deux par une diagonale de lumière qui éclaire le bas de l’image. La signification de l’affiche reste énigmatique, cette question nourrit cette photographie : contraste entre les voyageurs tristes et Astérix rigolard, tags arrondis diffus….le décryptage visuel est riche et apporte autant de questions que de détails progressivement découverts….