Complément de commentaire pour « danse avec le vent »

Cet article (cliquez sur article pour le voir) que je nomme : « danse avec le vent » (merci Patrick) appelle à un commentaire supplémentaire après en avoir discuté avec un psychanalyste : celui-ci fait l’analyse d’une représentation de la femme avec dans la partie supérieure une évocation de la beauté et de la finesse féminine bien représentée par les pointes des pieds, et dans la partie inférieure plutôt l’évocation du mystère de la féminité avec un côté secret difficile à déchiffrer….je partage cette analyse qui me paraît judicieuse en ajoutant que l’on devine dans l’intérieur de la voiture des petits reflets qui correspondent au reflet de l’extrémité du frein à main et au levier de vitesses, des symboles essentiellement masculins : j’en tire la conclusion que cette photographie peut correspondre à une représentation du couple et de certains de ses symboles….pourquoi pas ?

Layette

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Charmante boutique de layette, petit linge charmant, plante aux belles formes fines et légères….la force de la photographie: une évidence, une justesse, une émotion, et on ne sait pas pourquoi. Bernard Descamps :photographier des moments de grâce, suspendus, intemporels, photographier pour vivre deux fois…

JAGUAR

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JAGUAR, une belle carriole dont on voit parfois quelques spécimens intra-muros : celle-ci, un modèle ancien dans une cour intérieure carrée, un jour de pluie qui abandonne des gouttes sèches sur une carrosserie immaculée, les tracés caractéristiques des hautes cheminées malouines, ce logo caractéristique immédiatement reconnaissable, tout participe à ce cliché presque abstrait. Cadeau d’un matin mouillé gris!

Marché Rocabey (danse avec le vent)

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Photographie mystérieuse, comme je les aime et recherche, rencontre de l’inconscient et du hasard comme le disait Henri Cartier-Bresson. Dans le même esprit, John Stuart Mill avançait que la photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard. La photographie est au service d’une expression intime existentielle, elle vise à déstabiliser la perception du réel vers l’imaginaire, à transformer l’expérience sensible dans une poétique de la métamorphose.

DOMFRONT

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Si vous passez par Domfront, arrêtez vous!  d’abord dans le bas de la ville visiter l’église de Notre Dame sur l’eau, église romane normande magnifique, avant de monter flâner dans la ville, les ruelles, l’église néo-byzantine, les ruines du château, qui était une énorme forteresse édifiée en 1011; de cet endroit stratégique, remarquable vue sur la région. Quand je suis passé, en décembre, les décorations de Noël, les arbres en contre jour, composaient un décor d’interrogation à ce penseur impensable, solitairement voûté devant la vallée paysage…j’aime aussi ce premier plan griffé par les ombres et ce beau soleil très fortement bas d’hiver incomplètement filtré par les branches. Dans ce décor, à quoi peut bien penser ce personnage à la silhouette pour le moins mélancolique?

SETENIL DE LAS BODEGAS

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Peu d’éclairage à cet instant, mais quel festin tout de même pour les mirettes. L’absence d’ombre autorise à jouir de toutes ces lignes, sans besoin d’en rajouter!

Des arêtes à en perdre son latin, un rond au premier plan, 3/4 de blanc, 1/4 de gris …agréable flânerie…remarquable village alambiqué troglodyte.

Saint malo « l’univers »

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L’univers à St Malo, chanté par Lavilliers est un bar hôtel d’intra-muros illustre pour être l’ancien yacht club. Bar à l’ancienne, peuplé de souvenirs, de passages de marins prestigieux, les murs tapissés de photographies, de signatures, de traces de passages, univers chaleureux chargé d’histoires et d’Histoire. Au fond d’un long couloir menant vers les chambres de l’hôtel, une grande pièce de réunion précédée d’un espace vestiaire. En hiver, le peu d’activité laisse découvrir le squelette de l’endroit qui m’a permis de faire ce cliché surréel, curieux endroit de stockage de manteaux…des verticales kitsch dont le graphisme résonne avec la patère et le radiateur, ces cercles mystérieux, ces cintres vides, presque seuls repères où s’accrocher, atmosphère de solitude interlope interrogative.

HIREL (2)

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S’il suffisait de croire les dessous des balançoires…..chanson « Est-ce aimer » de Bashung (album l’imprudence). Composition graphique que j’apprécie, ombres, graphisme, ce jeu d’enfant dans un triangle, le banc table de pic nic qui occupe la droite, le pointillé au second plan, Cancale au fond….endroit qui m’a immédiatement évoqué cette envoutante chanson. les paroles:

S’il suffisait de partir
Comme un voleur à la tire
Rejoindre là-bas
Les troupeaux de regrets
S’il suffisait de s’offrir
Au premier volcan venu

Est-ce aimer ? {x2}
Est-ce une escale
En mer Egée ?
Est-ce un essaim d’abeilles
Au réveil ?

S’il suffisait d’orner la douleur
D’une plage de silence
J’ai pas souffert
J’ai pas suffi
Là où la rouille n’a que faire
De la mélancolie

Toi aussi, tu te noieras
Dans ce désert imbuvable
Toi aussi, tu te perdras
Dans de beaux draps

S’il suffisait
De se refaire une beauté
Pour retrouver grâce à tes yeux
S’il suffisait de se défaire
S’il suffisait de disparaître
Est-ce aimer ? {x4}

S’il suffisait
D’abolir les écorchures
La peine qu’on se donne pour tenir
Une à une triomphent les ruines

Est-ce aimer ?
Toi aussi, tu trembleras
Sous la canicule
Varans, sauriens
N’en savent rien

Est-ce aimer ? {x5}
Est-ce une escale
En mer Egée ?
Est-ce un essaim d’abeilles
Au réveil ?

S’il suffisait de croire
Les dessous des balançoires…