SILLON (minimalisme)

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Cette vue est délibérément épurée et minimaliste. On identifie le profil familier des reliefs de la baie qui s échelonnent sur la largeur sans se gêner et un pointillisme sur le sable quasi en alignement, avec ce marcheur si petit qui « fait » la photo; petit marcheur dont l’ombre double la taille, marqueur d’espace qui procure l’échelle de cette superbe plage. Le ciel tourmenté éclairé du soir contrebalance le calme monochrome du sable. L’ensemble apparaît serein et simple.

Je souhaite associer un mot titre à mes photos maintenant, que proposez vous pour celle ci?

St OUINE 2017

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On dit parfois : ça coûte un bras, mais combien un bras vaut? Bravo, Manuel Alavarez! Manuel Alvarez Bravo. Grand, immense photographe proche du mouvement surréaliste. Cette photo est mon humble hommage à ce photographe, elle m’a sauté aux yeux et me semble rappeler une photo de ce photographe de 1934, los agachados. On est tous le résultat de multiples influences, cela se confirme une fois de plus. Sans copier, le fait de prendre cet instant me réveille toute l’oeuvre de cet artiste dont je vous conseille d’explorer l’oeuvre envoûtante et régalante.

Préparation encore de la St Ouine qui ouvre demain, ces deux personnages dans une position de déséquilibre, un de dos l’autre de face, le côté graphique, l’atmosphère fin de jour, ce moulin et la géométrie qui va avec, que se passe t-il….je le sens, je le sais, c’est un bon moment, un bel instant, une bonne photo selon mes critères intimes de choix au moment de la prise de vue, critères non analysés en tant que tel au moment mais c’est cela qui fait la magie de la photo, on analyse après ce qui se passe en un instant et qui vient probablement de tout ce qu’on est : influences diverses, état d’esprit, envie, plaisir, inconscient, conscient…  que sais-je encore.

St Ouine 2017

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La Ste OUINE revient, l’installation est commencée pour l’ouverture samedi. Joli enchevêtrement de camions et de manèges avec les éternelles boutiques de sucreries bien grasses d’hiver. J’aime cette association de carrés et de ronds qui mènent vers la gourmandise….

Chez Françoise et Gigi, Les Perques…

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Chez Françoise et Gigi, tout est à la hauteur de leur talents respectifs. Françoise magicienne esthète de la décoration intérieure, du jardinage, de l’accordéon diatonique, de portail et de camping car….Gigi, sculpteur, peintre, cavalier….d’autres talents à découvrir à leur rencontre. Dominent chez eux les qualités des grands, humilité, curiosité, générosité. Leur jardin, où sont mêlés leurs talents est un endroit superbe, univers serein, magique, poétique, addictif. Leur adresse : Les Perques à côté de Bricquebec 50. (visite sur demande)

Ici sont présentés leur chat zen, serein et doux (voyez sa patte gauche…) et un détail de l’immense atelier de Gigi où il travaille actuellement à partir du fer à cheval, sur des sculptures monumentales. Comme le fait dire Geluck à son chat : la viande de cheval est riche en fer surtout la partie immédiatement sous les sabots.

 

AUBRAC

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Petit arbre, boule isolée, fragile, dont le tronc bifide suscite immédiatement une équivoque, centré de façon volontaire pour l’avantager (ce qui est contraire à une composition académique), un joli ciel nuageux, un premier plan anodin qui nous guide vers cette horizontale complexe composée de barbelés aux poteaux de guingois et d’un zig-zag de cailloux comme d’un Petit Poucet. Aubrac, plateau à une altitude de 1000 mètres, où le silence et la solitude font partie de l’expérience et du charme fou de ce coin où l’aligot est omniprésent. Ce menu ingurgité par les pèlerins en route vers Compostelle qui réclamaient chaleur et alimentation riche pour affronter le climat rude. Beau souvenir du charisme poétique qui passe aussi par les noms de communes, envie de repasser……

« Une attraction sans violence, mais difficilement résistible me ramène d’année en année, encore et encore, vers les hautes surfaces nues, basaltes ou calcaires du centre et du sud du massif : l’Aubrac, le Cézallier, les planèzes, les causses. Tout ce qui subsiste d’intégralement exotique dans le paysage français me semble toujours se cantonner là : c’est comme un morceau de continent chauve et brusquement exondé qui ferait surface au-dessus des sempiternelles campagnes bocagères qui sont la banalité de notre terroir. Tonsures sacramentelles, austères, dans notre chevelu arborescent si continu, images d’un dépouillement presque spiritualisé du paysage, qui mêlent indissolublement, à l’usage du promeneur, sentiment d’altitude et sentiment d’élévation. » Julien Gracq

 

Seville jardins de l’Alcajar

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Une grille et son ombre finement liées, laborieux de faire la part de l’une et de l’autre au premier coup d’ oeil dans cet entremêlement furieux évoquant des barbelés. Et puis cette combinaison semble trop grande pour la petite porte sombre…

Belles matières de mur et de sol ravigotées par ces rasants rayons.

Utilité de quelques secondes pour atterrir sur ce cliché, la vue attirée par cette délicate courbe d’ombre, énigmatique dans cet univers rectiligne, ouverte dans le sens de lecture vers cette petite porte parallèlement cintrée dans sa partie supérieure…le concept d’enfermement du premier plan s’oppose à celui de sortie, d’air, de fuite vers la droite…tout est là, calé : les oppositions droites-courbes, objet-ombre, noir-blanc, prison-fuite et d’autres probablement.