Une que je retrouve…..YPORT

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Une photo que je redécouvre, façon de parler, car elle est au mur à la maison et je circule devant, une dizaine de fois par jour, depuis plusieurs années…c’est assurément donc une re-découverte aujourd’hui…pourquoi aujourd’hui?

Ce graphisme marqué, ces deux abat-jour, ce personnage énigmatique émergeant de ce décolleté, ce H (non, je n’avais pas fumé), ces X récurrents (non, non plus). Cette femme qui semble m’avoir débusqué, qui doit se demander ce que je photographie (une habitude pour moi…), qui semble ne pas vouloir être sur le cliché, on la sent à l’affût, curieuse, attentive, contrariée : tout cela filtre malgré la petite taille de ce minois pâle et probablement échevelé au petit déjeuner, minuscule élément humain dans cet univers froid géométrique. Un début de nouvelle?

C’est à Yport, en mars glacial, lieu d’un précédent article. La construction de cette image (un V au premier plan guidant l’oeil vers quelque chose) se rapproche de plusieurs autres photos du groupe « géométrie urbaine », je vous laisse feuilleter ce groupe si vous avez quelques minutes.

 

BIOT (06)

C2428D Cette photo me questionne et me comble : le puzzle de formes, de structures, de matières presque tactiles, ces fissures, les verticales, les horizontales, cette mystérieuse ouverture joliment pavée à droite, ce banc craquelé des postérieurs reposés, cette ombre-fumée interlope, cette machine infernale mi vélo mi trottinette dans la mi ombre, ce seuil calcaire fissuré, courbé de l’usure des pas récurrents, ces petits mégots nicotinés au sol…que de détails devant ce banal coin de rue de Biot. La découverte de quelque chose de nouveau quasiment à chaque regard renforce mon affinité. Loin de me douter de tout cela au moment de la prise de vue : magie de la ‘Photographie’!

Cette composition m’évoque des paroles de Léonard Cohen : « Il y a une fissure dans toutes choses, c’est par là que passe et arrive la lumière ». Loin aussi de me douter de cela à la prise de vue en 2015! En tous cas cette photo de Biot me botte. (on prononce Biote).

DINARD (été 2016)

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La plage de Dinard  s’agrémente en été de toiles rayées.

La brise cloque les abris zébrés, les piquets s’entremêlent.

Sensation désagréable d’être entre les maxillaires d’une énorme créature qui salive déjà avec ses yeux en étoile de chaque côté, un fond d’oeil blanc, un fond d’oeil noir… peu de moyen d’y échapper, c’est barré à droite comme à gauche, seul le recul est possible : trop tard ! ou alors filer se glisser comme une flèche sous le tissu  vers la lumière, ce cheminement hasardeux doit être immédiat…la bestiole voisine à droite verrouille déjà la gueule….toile de fond signifiante pour moi.

 

WTC (bis)

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Ground zero…une intention pour les américains qui s’embringuent sur un boulevard aventureux depuis le 9 11…sur les bordures des positions des deux tours sont ciselés les noms des victimes du 11 9, des visiteurs y ont semé des stars and stripes. Au fond, on discerne l’eau qui ruisselle constamment, comme une allusion à la trajectoire dramatique du collapsus des deux Twins…théâtre feutré inspirant une grande émotion teintée de sérénité, qui fait infléchir vers une vision de calme et de paix : est ce possible sans se trumper?

Conil de la Frontera

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Toutes ces verticales procurent la perception que ce thon métallique s’inscrit dans une partie de squelette d’un autre gigantesque poiscaille.
Je m’aperçois maintenant du rappel de la structure de cet albacore avec le mobilier urbain de garage de vélos…
Beaucoup de détails sont en double, triple et plus. Le vent et le soleil fabriquent le reste.