St Malo Cale de Rochebonne (La Caravelle)

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Une pépite d’irréel ?

L’œil perd ses repères, comme une sorte de vertige se fait ressentir puis l’analyse explore quelques hypothèses….faut-il en trouver ? Les pragmatiques en chercheront, les rêveurs peut-être pas…comment garder cette émotion du premier regard du spectateur ou du photographe devant cette scène ?

Arrivé en flânant à cet endroit de la plage, j’ai détecté cette flaque qui m’autorisait à me concentrer sur le reflet de cette maison, close l’hiver, éclairée par un fort soleil bas. Présent depuis quelques minutes, la photo se dessinait progressivement dans une composition en losange ouvert en bas à droite… lorsque ce personnage est venu se poser pour regarder la mer : premier cadeau……dans les secondes suivantes, le chien en haut à gauche arrive : deuxième cadeau : une situation à la TATI!……………La photo est là, on la sent, on le sait, elle est donnée, on la cueille.

Henri Cartier Bresson avait l’habitude de mettre les photos à l’envers pour les regarder. Cela rendait ses visiteurs perplexes. Il expliquait que ce geste sortait la photo du réel pour pouvoir bien en ressentir la composition et le fonctionnement visuel. Ci-dessous je vous propose la même photo à l’envers, le chien les pattes en l’air…..alors que la photo semble à première vue plus réaliste que l’initiale….

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Le comble, dans cette histoire, est que le chien se nomme TAC, c’est celui d’un ami que je ne voyais pas, tellement absorbé par ma prise de vue….TAC m’a donné, du tac au tac, sans tiquer et sans T.O.C., l’autorisation de publier cette photo…..merci Pascal et Tac!

 

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ARLES (bonjour, bienvenue et merci aux nouveaux abonnés)

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Girard n’était pas une personne jeune inexpérimentée, mais un habitant d’Arles, agent de police, habillé en bleu, d’où le nom ancien et désuet de cette superbe rue d’Arles, tout près des arènes.

José Manrubia, lui, est un matador et un artiste contemporain d’origine espagnole. A ses yeux, peindre la tauromachie est un acte de rébellion contre l’idée d’une société aseptisée, d’une culture unique, lisse et sans relief. Alléchant programme! Voilà la réponse à deux questions qui pourraient se poser à vous à première vue de cette photo. Je vous invite à aller plus loin…

La Camargue est évoquée dans ce cliché, les herbes folles d’où jaillit cet auguste taureau, puissant et pétulant, valorisé par les bords saccadés et acerbes de ce placard presque carré, mimétisme des cornes de l’animal. L’enduit craquelé suggère l’effet du soleil, de la chaleur, du sel, et donne une jolie matière au fond. Il ne manquent que les flamants roses, l’Arlésienne, les chevaux ont déjà fait l’objet d’un article!

Le petit rectangle parfait en haut à gauche résonne avec le rectangle du nom de l’artiste (en bas à droite) et avec l’aléatoire carré central, lui même dans le carré parfait de la photo,  jeu de miroir énigmatique à quatre (au moins) éléments s’efforçant d’encourager un espace de lecture et d’analyse. Le passage d’un élément à l’autre ravit le regard et nourrit l’affinité avec l’image. On peut voir aussi la composition de cette photo en X sur les deux diagonales, une formée par les deux rectangles (nom de la rue et nom de l’artiste) et une formée de l’axe suggéré par les pattes et le corps de l’animal…..tout est possible (avez vous d’autres idées?) : c’est à mon sens un intérêt de cette (la) photographie.

 

 

 

 

STROMBOLI

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Une partie du parvis de l’église de Stromboli, photographie retrouvée en fouillant dans mes archives…non exploitée en 2013 mais un grand plaisir à la retrouver, quel bon souvenir, ce séjour sur Stromboli!

J’aime cette opposition entre le régulier, le construit géométrique en bas et le côté brouillon de ce frêle olivier, qui se mixe avec son ombre, de ce fil électrique qui pendouille, de ces fissures dans les murs, témoins de la nature volcanique de l’île, de cet enduit craquelé…il se dégage, à mon sens, quelque chose (de poétique?) de cette image. Peut-être par son côté intemporel, ou par le  dialogue ambigu avec le réel qu’elle inspire?  D’autres photos de Stromboli sont visibles sur ce blog.

Une citation de Michel Tournier : La photographie promeut le réel au niveau du rêve, elle métamorphose un objet réel en son propre mythe. Ce cliché y arrive t-il?

 

DINARD (Castelbrac)

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Cette photo m’évoque la chanson de Serge Reggiani : « les loups sont entrés dans Paris ». Bien sûr, ce ne sont pas des loups mais des ours et puis ce n’est pas Paris mais Dinard, qu’importe! En plein Dinard, à l’entrée d’un hôtel de luxe qui a proposé cet accueil froid, complété d’une patinoire très kitsch, au revêtement plastique, pendant les fêtes. La tonnelle végétale, permanente, agrémente l’entrée de l’établissement, avec ses troncs de belle courbure et le bel entrelacé des branches sur un ciel moutonneux. Ces ours semblent sortir de leur tanière et d’herbes hautes, à la tombée du jour, dans une atmosphère menaçante et une attitude cynégétique. Cette photo peut paraître confuse, elle demande effectivement un effort de lecture et d’analyse : beaucoup de détails apparaissent alors………….

Chez Brigitte

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Beaucoup de charme à cette demeure de Cancale avec son accès par la sente, petit cheminement piéton commun à toutes les maisons, au pied de la colline sur les arrières de La Houle. Beaucoup de bons moments : ici, la réception est chaleureuse, conviviale, chez cette photographe à l’oeil malicieux et original. Le chat voisin est aussi accueilli à bras ouvert et se niche sur le rebord de la fenêtre au milieu de plantes, de bibelots, de livres, d’une caisse de grand cru et d’autres objets parfois improbables…….à noter que le petit livre dont on distingue la couverture est celui que nous avons réalisé Denis et moi et qui fait l’objet de la publication précédente.

Le cliché de l’accès à l’étage déniche une géométrie mixant toutes sortes de lignes dont l’origine semble issue de cette statue (seule forme courbe soulignée par le bras du fauteuil), oubliée sur la troisième marche : mon oeil improvise avec délice des cheminements variés.