Croix de mi-grève (sillon)

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la croix de mi-grève sur le sillon a déjà fait l’objet de deux publications (voir lien A et lien B). Je ne sais pourquoi, je ne me blase pas de cet emplacement avec la sensation qu’il s’y déroule souvent quelque chose : il est vrai que le panorama se métamorphose en permanence au gré de la marée et de la lumière………….Le lien A un jour de soleil d’automne, le lien B montre le façonnage des orifices au sol où sont enracinés les arceaux qui évitent l’accès des véhicules et qui proposent un appui aux deux roues.

Les deux vues ci dessus sont enregistrées à quelques secondes d’intervalle, à l’occasion d’un éclairage fugitif, unique, et incroyable qui a déjà donné lieu à l’article précédent.

J’ai déniché la force de la composition de la première avec un peu de temps : de gauche à droite, le premier arceau souligne des brise-lames, le deuxième effleure l’horizon et entoure des roches au large, le troisième cerne le début d’une rambarde de descente, le quatrième s’imbrique dans la courbure du lampadaire……………la croix reprend le volume et la hauteur du panneau d’avertissement et le plot du premier plan résonne avec la base de la croix….tout peut se combiner par deux sur cette photo, tout a sa place sans chevauchement indélicat, alors que le premier coup d’oeil peut être déstabilisé par tant de détails. De plus, le regard est emmené presque naturellement vers la croix par les arceaux et le plot. Le lampadaire répond à la croix et donne un sentiment d’équilibre…………

Encore ici, deux mondes (ou plus) cohabitent : une première partie en haut du cliché et en bas à gauche quasi monochrome, vide, qui s’oppose à un monde complexe (bien que rangé) au milieu. L’oeil passe se reposer dans les zones vides avant de repartir potasser les différents rapprochements possibles dans la partie complexe. Vous aurez compris ma préférence pour le premier cliché….qu’en est-il pour vous?

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SAINT MALO (Sillon)

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Le sillon, par temps gris, avec cependant une ligne d’écume qui prend le peu de lumière de ce moment. Ce trait de vague construit une géométrie complexe avec les brise-lames et les rambardes qui, par un effet d’optique, ne semblent plus parallèles mais peut être plus accueillantes, par leur extrémité arrondie, à proposer la descente vers le sable. L’oeil se repose d’abord sur le bord de la digue et descend vers le sable zigzaguer entre les différents éléments ou l’inverse………………………………

SAINT MALO (sillon)

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Avec le recul (prise de vue en décembre), avec le temps du travail de sélection et de retouche, m’est apparue irrémédiablement, l’évocation de masques africains : plusieurs éléments peuvent suggérer les yeux, le nez, la bouche, les dents, la chevelure, les oreilles……………………ces masques utilisés dans les rites sacrés ont été reproduits de génération en génération avec des tracés qui ont évolué vers les plus efficients, qui sont parvenus à l’essentiel (donc à l’art). Ils ont participé à l’inspiration d’artistes tels que Picasso. L’architecte de cette façade était probablement influencé par quelque chose du cubisme…..l’œil tourne musarde du vertical (façade) à l’horizontal (sol), agence, spécule, décompose, recombine différents détails pour faire une tronche, une gueule ou une autre, plus ou moins bancale ou extravagante….

Au delà de cet aspect « masque », qui peut ne pas séduire votre regard, ce cliché fourmille de détails graphiques de formes, de longueurs, de textures, d’assemblages différents. Ce foisonnement et le passage d’un élément à l’autre élaborent l’énigme de cette image. Ce (presque?) trop-plein de données, cette surabondance de précisions maintiennent une exigence et une durée de lecture difficile à avoir sur le lieu « en direct ». La photographie, en figeant cadre et espace, donne à voir pendant le temps nécessaire et utile.

 

SAINT-MALO (quartier du grand aquarium)

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Cette photo ausculte vraiment l’esthétique du quotidien, en particulier le mien car je circule plusieurs fois par jour autour de ce rond-point! J’ignore tout des conjectures des riverains qui m’ont vu au milieu de la voie à peaufiner mon placement……….   Pourquoi cet endroit si banal séduit mon œil et m’impose une halte?

Ici encore, (au moins) deux univers s’opposent : en bas le sombre, la calligraphie épaisse, l’immobile, l’humain fonctionnel ; en haut : le léger, le fin, le naturel, l’élancé, le subtil, le superflu : le regardeur se régale de circuler de l’un à l’autre, de comparer, de soupeser, d’évaluer les volumes. Au milieu, horizontalement, un espace mixte, à la fois végétal et graphique plus fin qu’au premier plan. Le triangle de la balise (cédez le passage) à droite répond à la façade triangulaire (inversée) de la maison, ces deux triangles délimitent, latéralement, la partie centrale de la photo et d’une certaine façon rassure le regard. Une direction de lecture semble proposée avec la flèche ‘obligatoire’, puis on s’échappe vers la partie supérieure de la photo se délecter de la finesse et de la subtilité graphique des arbres et du petit nuage.

Verticalement, les arbres centraux les plus grands semblent posés sur un piédestal qui s’appuie sur le graphisme triangulaire blanc peint, l’ensemble coupe la photo en deux parties égales qui évoquent une symétrie, d’où une sensation d’équilibre et pourquoi pas de sérénité à l’ensemble.

NEW YORK (Williamsburg)

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Un cliché d’ombres créées par la lumière passant à travers le métro aérien de NY : cela reste, pour moi, pour mes deux séjours, un souvenir intimement lié à cette ville. Probablement grâce aux films américains des années 50, mais aussi, plus récemment, aux films magnifiques de James Gray…..cela procure des situations très contrastées, très photographiques. Cette photo est aussi toute en rythmes, comme scandée par une musique visuelle (autant dans le sens vertical qu’horizontal) qui n’est pas sans me rappeler le jazz……….l’oeil se complaît à retrouver tous ces rythmes, et à en découvrir d’autres au fur et à mesure….(ombres, géométrie, personnages, fenêtres, moyens de transport etc….)

NEW YORK (statue de la liberté)

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« Regarder sous les jupes des filles » chante Alain Souchon……Une vue, voulue inédite (si cela est encore possible), en contre plongée, de la statue de la liberté, lieu mythique chargé de symboles et d’histoire……..s’opposent le grain du béton, les lignes  du piédestal de la statue et le drapé lisse ondulé de la robe majestueuse……ce cliché permet de situer l’endroit grâce au rappel discret mais très présent du diadème à sept pointes, de la torche (lumière) et de la tablette (droit ou loi). Ces trois éléments s’ordonnent sur une droite qui établit, avec la base, un angle ouvert vers la gauche. Cet encoignure encadre les courbes de la statue. Ici, une fois encore, cohabitent deux (ou plus ou d’autres, selon votre analyse) mondes, celui des plis et celui des lignes, le passage de l’un à l’autre vitalise cette photo et accroche le regard.